en Ardenne : Sorcière = makrale (entremetteuse du diable) souvent accompagnée d’un chat noir (Mirôte) -Sorcier = makrai
en Bretagne : Elles seraient parentes avec les druidesses Les sorciers jouissaient d’un statut où se mêlaient crainte et respect ; = groac’h, encrauleur, drouk-awie, gaurou, guenaud
Rôle : dans une société fondée sur l’agriculture, elles font avorter les vaches ou tarir le lait, rendent le beurre bleu ou rance, envoient des épidémies, des poux, font apparaître le brouillard en plein soleil ou tomber la grêle sur la moisson d’un ennemi, font sécher ses récoltes, rendent son bétail malade ou stérile, nouent l’ «aiguillette » d’un jeune marié, le rendant impuissant, manipulent des poudres et graisses diaboliques, lancent des menaces, soufflent leur haleine maléfique, connaissent les choses occultes, jettent des mauvais sorts sur les bêtes et les gens
en Ardenne, ils bloquent la charrette ou un attelage, c’est le « marrage » qui ne se résoudra que quand la makrale le décidera ; Pour se procurer le meilleur lait à bon compte, elles suspendent un torchon dans leur cuisine et en le trayant vidaient le pis de la vache du voisin
en Bretagne, si un pêcheur rencontrait une sorcière de l’île de Sein, celle-ci lui racontait un secret qu’il ne pouvait dévoiler sinon il mourait dans la prochaine tempête Portant sur l’épaule gauche un crapaud, elles volaient la crème avant la traite en plaçant une branche d’aubépine dans la fontaine du village au petit matin du 1er mai, avant de se promener avec une baratte et sans être vues dans la prairie du fermier qui ne pourra faire son beurre
Elle est souvent représentée comme une vieille femme ridée accompagnée d’un chat noir, vêtue d’une robe et d’une cape noires, elles vivaient de peu, isolée du reste du village, mais possédant sa propre maison, redoutée par ses pouvoirs, pauvre sans vivre dans la misère, veuve
Le Sabbat se tient toujours la nuit, dans un endroit désert : sommet de colline, clairière, lande, bouquet d’arbres, alignement mégalithique, abords d’une fontaine ou d’une rivière (mais aussi place du village ou aire de battage en Bretagne)
Le lendemain, la place est repérable : cercle piétiné par les danseurs sur le sol (dans la neige pour les sabbats hivernaux, il n’y aura plus d’herbe et ne pousseront que des champignons)
Pour se rendre au sabbat, le voyage se faisait sur un balai ou ramon en Ardenne ; et en Bretagne parfois sur un bouc volant
Sur l’île de Sein, les sorcières, veuves des marins péris en mer, se déplaçaient sur l’eau par des nuits de grand vent à bord du bag sorserez ; elles utilisaient les outils du quotidien, les gwarc’hed ar sabbat utilisaient leur panier comme barque, leur croc à goémon servant de mât, leur tablier de voile, une baguette faisait office de gouvernail
Le balai peut aussi les empêcher de sortir d’un bâtiment : il suffisait de le déposer à l’envers, manche en bas près de la porte. On pouvait aussi répandre de l’eau bénite sur le seuil (répulsion pour l’eau bénite et l’hostie) En pays vannetais, il fallait gratter les ongles d’un mort et en porter les rognures .
Elles ont une connaissance empirique des vertus des plantes et d’autres substances naturelles. On le consulte aussi comme devin dans le Morbihan, peut vous aider a envoyer certaines personnes retrouver l’Ankou ; il utilise alors un objet (sou percé, bourse contenant un mélange d’objets et de substances bien déterminés) en possession duquel devra entrer la future victime ; Rôle positif : habiles rebouteux
Ils étaient consultés pour contrer un maléfice. En Ardenne, ce rôle appartenait aux gromanciens (nécromanciens) devins mais aussi spécialistes du désenvoûtement (Charleville), ils devaient trouver l’origine et le remède ; si leur pouvoir dépassait celui du jeteur de sorts, celui-ci pouvait être affecté du maléfice qu’il avait lancé, c’est le choc en retour ou contre-tour : un sorcier ou –ière ayant pris la forme d’un animal (chat, bouc, crapaud …)garde en reprenant son apparence humaine les traumatismes (brûlures, blessures) reçus durant la métamorphose (=loup-garou)
En Ardenne, les sorciers étaient bergers, forgerons, faudeurs(=charbonniers) ; en Bretagne, tailleurs, cordiers, chiffonniers, mendiants, colporteurs
Il faut quand même une période de stage à la suite duquel Satan enlevait à la personne sa qualité de chrétienne pour la marquer de son « stigma diaboli » – Le pacte conclu, les yeux du sorcier changeaient de couleur en Ardenne - La conclusion du pacte se terminait par un rituel répugnant : il fallait à minuit dans un carrefour, s’enduire le corps d’un onguent fait à base de graisse (en Bretagne)
Dans le N de l’Ardenne, on rencontre souvent le berger-sorcier (Bellem) qui est fin observateur des gens et des choses ; il a appris beaucoup au contact de la nature et rend service à ceux qui ont été aimables avec lui et tourmente ceux qui le méprisent
Dans le S de l’Ardenne, on rencontre Kaap, roi des sorciers dans le pays d’Arlon, personnage inquiétant, diabolique, un « professionnel » utilisant les grimoires
18 mai, 2013 à 12:13
Bonjour,
J’ai besoin de rentrer en contact avec un sorcier, un marabout… Merci d’avance de me prendre en considération.
Cordialement
4 septembre, 2014 à 17:38
Pourquoi cherche tu un sorcier?
4 septembre, 2014 à 17:47
parce que je suis sorcière