Le diable
  • Partout où intervient le mal, le diable est dans l’univers christianisé un personnage très sollicité
  • Cornes, longue queue, griffes, pieds fourchus ou fendus, ailes de chauve-souris, fourche, odeur de soufre, haleine fétide
  • C’est un voyageur austère qui rejoint notre route, avec qui on discute et qui a justement une solution à la question qui nous préoccupe ou le moyen de réaliser notre projet
  • Galant homme qui se propose d’accompagner les jeunes filles seules
  • Partenaire qui manque pour une partie de cartes
  • Parrain que l’on cherche pour le dernier-né

dans les Ardennes, il a le teint basané, nez aquilin, oreilles pointues, pas de blanc dans l’œil, rire sarcastique, mains fines et blanches, sabots de bouc

en Bretagne, il est vêtu de sombre, porte une cape, ne quitte jamais son chapeau, ses gants ni ses chaussures pour qu’on ne voit pas ses cornes, ses griffes ni ses sabots de cheval

  • Avant de conclure un marché (où il recevait l’âme , il laisse un temps de réflexion
  • Il fixe un rendez-vous les jours suivants à minuit, à la croisée de chemins isolés
  • Une poule noire fait partie du marché : elle est un gage avant que Satan ne s’empare de l’âme

Pratique ardennaise de « l’entchaurnage » où un traitement semblable était appliqué à un chat dont un os permettait d’acquérir l’invisibilité

En Bretagne, la poule noire est l’objet que le diable achète fort cher et en échange duquel il met une forte somme à la disposition du contractant ; Elle devait voir été volée puis cuite au pot à minuit à un carrefour ; Il fallait la manger et jeter les os par dessus l’épaule (le diable apparaissait quand était jeté l’os qui lui plaisait)

L’aspect du diable peut changer

dans les Ardennes

img033.jpgolivia (6 ans)

  • Vêtu de noir, rouge, gris ou vert
  • Tantôt élégant, tantôt bariolé

En Bretagne,

  • Cavalier à la tête couverte d’un large feutre noir, enveloppé d’un manteau
  • Monté sur un cheval noir qui fait jaillir des étincelles avec ses sabots
  • Ou cavalier tout habillé de rouge et montant un cheval noir qui fait jaillir le feu de ses 4 pieds et de ses narines et qui marche sur la mer

Il peut prendre différentes formes (chien, lion, sanglier, lièvre, crapaud, cheval, souris, loup surtout) ou se transformer en coup de vent emportant durant la fenaison une âme dans une touffe d’herbe tourbillonnante si un faneur n’y lance un couteau

Il peut travailler par animaux ou objets interposés : chat noir, grenouille verte ; l’objet ou l’animal était le gage d’un contrat passé avec le diable : le chat apporte la richesse. L’objet interposé peut être une cossette (petit étui à aiguilles) qui apporte l’invisibilité mais aussi la damnation en Ardenne. Tandis qu’en Bretagne, le chat noir devait avoir la nourriture des petits enfants (une nourrice devait lui donner le sein ou de la bouillie de froment)

Pour se débarrasser de la cossette ou du chat avant l’expiration du contrat, il fallait les revendre plus cher qu’ils n’avaient été achetés

A Gourin, il y avait une foire aux chats noirs où c’était le vendeur qui payait l’acheteur

Le contrat est signé avec le sang du contractant humain : Le Malin touche son partenaire pour le marquer d’un signe apparent ou non qui devenait un point d’insensibilité (en Ardenne)

Ce sont souvent des petites gens qui en appellent au diable ou qui acceptent un marché avec lui (cherchent désespérément un solution à leur misère) : le diable apparaît alors non comme extraordinaire mais intégré dans le contexte social, c’est un riche propriétaire, un bourgeois, artisan, garçon de ferme, étranger plein de ressources

Pour rompre l’engagement, il suffit de se faire blesser au visage par un proche parent, car le sang peut délier ce qui a été conclu par le sang (souvent la femme) [malédiction biblique : « je mettrai l’intimité entre toi et la femme » – rôle de la Vierge Marie qui ruine les entreprises du démon] [interprétation bretonne de la Genèse qui attribue au diable l’imitation maladroite de Dieu : lune, ténèbres, mort, âne …pour en arriver à la femme, qui n’est que l’imitation de l’homme] [rôle différent de la femme dans la société celtique] On peut porter une jarretière rouge, essayer de passer devant une croix et se signer avant que le diable ne nous attrape

en Ardenne, il i ntervient dans le décor de tous les jours. Comme les nutons avec les changelins, il substitue ses propres suppôts aux enfants des paysans partis travailler aux champs « les supposés de Satan »

en Bretagne, il intervient dans des endroits fantastiques créés par le sens du merveilleux. Dolmens et menhirs (pierres du diable au cours de l’Evangélisation)

 

· Carrefours (pas en croix) – chapelles en ruine è fosse ouverte dans un cimetière – champ triangulaire · On l’appelait Satan avec crainte et respect

Ses noms :

en Ardenne, Amour – Camarade – Camargo – Calin – Cornis – Cornel – Gérin – Huet – Jacques – Machoupeit – Macquet – Majolet – Petit – Pied-Fendu – Courtody – Bragar – Robinet – Sarrazin – Souffoque – Le Verd – Verd Vestu – Verdelet – Verdin – Willot – Ladreu – Dormez-vous-tant-Belle

en Bretagne, Cornu – Paaol Gornek – Polig – ar Mac’hadour Glaou – Gwilhou Goz – pôtr e dreid marc’h – Grand Biquion – an Ael Du – an Ael Kornek – Vieux Jérôme

Le Diable se laisse souvent berner par ceux auxquels il propose un marché

· Parce qu’il est trop impatient de s’emparer d’une âme et qu’il néglige une élémentaire prudence dans les paris qu’il engage

· Il sous-estime l’intelligence ou l’astuce de son partenaire

Il ne soupçonne pas chez les autres un sens de l’abnégation dont il est lui-même dépourvu

« ton champ avec tout ce qu’il porte maintenant m’appartiendra » Ardenne

« ce que ta femme est en train de porter sera à moi » Bretagne

  • L’astuce ou le dévouement des humains
  • Le secours de la religion
  • L’intervention d’un saint
  • mettent souvent le diable en échec
  • L’objet du défi peut ne pas y résister : le château ou le moulin construit en une nuit (Roc la Tour) s’écroule, l’or sera maudit, mais l’âme sauvée
  • Le Diable peut sortir vainqueur (sinon il ne ferait plus peur)
  • C’est souvent un petit détail qui le perd ou ses propres défauts (idée de supériorité, orgueil, susceptibilité, hypocrisie) ; il perd alors son pari

Le coq chante et le jour se lève avant que les conditions ne soient remplies – ArdenneIl peut être justicier (histoire du seigneur d’Herbeumont)

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Le coffre de la baratte qu’il a promis de remplir d’or est sans fond et placé à l’extérieur d’une fenêtre ou au sommet d’une cheminée – Bretagne

Comme le modèle humain se projette sur le surnaturel, le diable a souvent une famille (mère, belle-mère, femme, filles = sorcières)

Quand il pleut et que le soleil luit, on dit que le diable marie sa fille dans un panier percé ou qu’il bat sa femme – Ardenne – Les saints se moquent de lui (St Remacle) St Remacle s’est moqué de lui en le décourageant grâce à un grand sac de chaussures usagées de venir jeter un énorme rocher sur l’abbaye

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Chaque prêtre à son ordination recevait un livre de sorcellerie (il pouvait connaître tous les noms du diable). Les bretons croient en un diable particulier « ar c’houskezik » (kousket=dormir) – Bretagne – St Hervé – st Envel – st Thégonnec se moquent de lui – St Tugdual, à Tréguier, manquant d’argent, a réussi à lui faire construire le clocher de sa cathédrale sans contrepartie

Lui ont fait remplacer l’âne que, changé en loup, il avait dévoré lors des labours ou des travaux de construction d’église

 


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