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le petit berger du pont des aulnes

28 février, 2008
legendes d'ardenne | Pas de réponses »

pontdesaulnesa.jpgIl y avait une fois à la Ferme des Aulnes une fermière si revêche, si acariâtre, si méchante, si avare que ses domestiques étaient malheureux et mouraient de faim.Mais plus que les autres encore, un petit berger était son souffre-douleur ; elle aimait le faire souffrir du matin au soir, été comme hiver, par n’importe quel temps même quand il rentrait mouillé et transi de froid. Elle ne lui donnait qu’un morceau de pain et un peu d’eau chaque jour et il dormait au milieu de ses moutons.

fermea.jpg

Pourtant cette fermière n’était pas si méchante avec tout le monde. Tous les lundis quand venait lui rendre visite le curé de Culviseau, c’était fête à la ferme, des mets de toute sorte, des vins, des fruits et encore et encore ; le petit berger regardait souvent par la fenêtre avec envie, lui qui n’avait qu’un morceau de pain sec dans sa poche.

petitbergeretmoutons.jpg

Un jour qu’il menait tristement son troupeau, il rencontra que le bord du chemin un pauvre vieillard, vêtu de haillons, à la figure maigre, presque mourant de faim qui lui dit :

- la charité, s’il te plait, petit berger. Dieu te le rendra !

- je n’ai pas grand chose, pauvre vieillard, qu’un morceau de pain sec mais il n’est pas dit que je n’aiderai pas plus pauvre que moi.

Et prenant le morceau de pain de son sac, il le cassa en deux et en donna moitié au pauvre vieillard.

- mange et puisses tu trouver sur ta route plus riche que moi

- merci, petit berger, tu es charitable et je vais te récompenser ; fais trois souhaits et ils seront exaucés

- trois souhaits ? mais qui es-tu donc ?

- que t’importe, fais trois souhaits

- eh bien ! j’aimerais avoir un sifflet qui fera danser jusqu’à ce que je cesse d’en jouer tous ceux qui l’entendront, puis une arbalète avec laquelle je pourrai tuer les oiseaux à n’importe quelle distance, et enfin j’aimerais quand j’en aurai envie faire péter la fermière aussi longtemps que ça me plaira.

- C’est bien, sois content, tout sera comme tu l’as demandé

Et le vieillard reprit sa route.

Quand il rentra le soir à la ferme, la fermière qui attendait le curé était de fort méchante humeur. Elle lui lança deux petits morceaux de pain sans un mot.

Très triste, le petit berger alla s’asseoir près de ses brebis et il vit entrer le curé. Il se cacha derrière la fenêtre et vit la bombance qui commençait : poulets, faisans, galettes, vins, liqueurs, tout avait l’air si bon !!! Alors il pensa au vieillard et il pensa : je vais voir si ça fait effet. Dès qu’il prononça les mots « fermière, je veux que tu pètes », la fermière fit un si gros pet, si assourdissant que le curé tout ahuri resta collé sur sa chaise ; le petit berger était si content qu’il dit « fermière, je veux que tu pètes toute la nuit »

 

Furieux le curé dit alors « sale femme ! c’est ainsi que vous recevez les gens ? »

Mais la fermière ne pouvait s’arrêter et un vacarme assourdissant envahit la salle toute empestée. Le curé, furieux, repartit des disant qu’il devait y avoir quelque sorcellerie là-dessous.

Le lendemain, en traversant la prairie, le curé alla voir le petit berger.

- bonjour petit berger, que fais tu de tes journées ? qu’as tu dans ton sac ?

Le petit berger sortit ses deux croûtons et lui dit : « quand j’ai fait, je prends mon arbalète et je tue un ou deux oiseaux que je fais rôtir ».

- Diable ! tu es si adroit que ça ?

- Je n’ai jamais raté mon coup. Tiens monsieur le curé, vous voyez le corbeau là-bas ? je vais le tuer

- Ma foi, je verrai bien si tu es si adroit que ça.

Le petit berger visa et le corbeau tomba transpercé par la flèche. Le curé se dit qu’il devait y avoir diablerie là-dessous.

Mais le corbeau était tombé dans un buisson d’épines et quand le petit berger vit le curé empêtré, il sortit son sifflet et siffla. Alors le curé se mit à danser, à danser, sa soutane se déchira dans les ronces et bientôt, il fut nu ; le petit berger arrêta alors de siffler et le curé, rouge de honte, dut rentrer au presbytère.

Le lendemain, très mal en point, il alla voir le seigneur de Montcornet et lui raconta toute l’histoire. « c’est un sorcier, dit-il, il faut qu’il soit brûlé vif ».

montcornetnuita.jpg

Le petit berger fut donc condamné. Il y avait foule ce jour-là au pied du bûcher, tous les gens du village et même le curé et la fermière. Le bourreau dit alors « comme c’est la coutume, petit berger, tu as le droit de demander quelque chose avant de mourir ».

Alors le petit berger dit : « bourreau, j’aimerais prendre le sifflet qui est dans ma poche et jouer un air avant de mourir ».

Alors il prit son sifflet et siffla, siffla et tout le monde se mit à danser, à danser, à danser et personne ne remarqua que le petit berger était descendu du bûcher et partait….on ne le revit jamais.

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